Mes maths à mater

Les 8 et 9 avril 2017, la municipalité d’Essey-lès-Nancy m’a fait un beau cadeau en me prêtant la salle Michel Stricher du Haut-Château. J’ai pu donc m’offrir une rétrospective de mes 15 (premières) années de pinceau.

Merci au service communication d’Essey-lès-Nancy pour l’affiche !

En préambule, j’ai eu droit à mon premier article dans l’Est, et ce n’était pas dans la rubrique « Faits divers », c’est une bonne chose…

Une bonne tête de vainqueur, non ?

Avec l’aide précieuse et essentielle de ma Doudou, j’ai ouvert tous les placards et boites de stockage, récupéré temporairement certaines pièces dans des collections privées (chez ma mère et mes frangins 🙂 ), et dépoussiéré des tas de bidules, trucs et machins qui n’avaient pas vu la lumière depuis un moment…

Le résultat en valait la peine ! (Merci à Sandrine, Hélène, Marion et Stéphanie pour les photos)

Le Boucl’Art, février 2017

Une première pour moi : je suis l’un des invités chez la douce Julie, au chaleureux Boucl’Art.
Situé au 19 bis rue Henri Bazin à Nancy, le Boucl’Art est mi-café mi-galerie d’art, et accueille chaque mois des artistes locaux. Un bel endroit de Nancy…

Ce fabuleux Bender n’est évidemment pas de moi, mais il est trop beau pour ne pas le signaler ici.

Portraits crashés

Depuis quelques années, je travaille sur un algorithme de transformation d’images de ma conception issu de Faucons de nuit.

b1
Tirage sur Dibond, 30×40 cm

Le principe est assez simple, et son application dans le domaine du portrait produit des résultats intéressants (un intrus se cache parmi ces quatre photos, à vous de l’identifier…) :

13s

 

11s

 

09s

 

08s

 

Ces portraits sont disponibles en tirages numériques à la boutique. Bien évidemment, toute photo est transformable par mon procédé pour produire des images originales et uniques. Si vous êtes intéressé, transmettez-moi une photo et nous verrons ensemble comment la transformer en une œuvre de mon cru…

Le grand jour !

Depuis que j’ai appris que j’avais réussi les qualifications pour « Tout le monde veut prendre sa place », je piaffe d’impatience, je tourne en rond, j’anticipe…

Un mercredi matin glacial, j’arrive aux studios avec 3 bonnes heures d’avance, pas question d’être à la bourre aujourd’hui.

image1
C’est là que ça se passe

Un grand hall, un canapé plutôt confortable : rapidement un petit groupe de candidats et d’accompagnants se forme. L’ambiance est cordiale et un peu nerveuse, mais en douce on s’observe, on s’évalue, on se jauge : y’aura pas de cadeau !

Une charmante jeune femme tout sourire arrive enfin, et nous voilà partis à 7 (6 candidats plus un remplaçant) à la queue-leu-leu, dans le ronronnement des valises à roulettes.

20161207_114429
C’est flou !

On suit la lumière, passant à côté du plateau d’une autre émission célèbre, et c’est le premier contact !

Behind the black door
Behind the black door

Nous sommes conduits tout d’abord aux vestiaires où nous attend la styliste chargée de concocter une brochette de candidats présentable. Chacun est venu avec 5 hauts différents, pour moi ce sera ma chemise violette. Les portables au fond des valises, tout le monde file au maquillage-coiffage.
Si le coiffeur n’a pas eu grand chose à faire avec ma touffe, la maquilleuse en revanche s’en donne à cœur-joie, je ressors de là ocre jaune, on dirait Peter Sellers dans The Party… Puis nous nous rendons à la loge des candidats pour le briefing.

Autour d’une table basse croulant sous fruits, bonbons, toasts, gâteaux apéritifs et toutes sortes de boissons sans alcool, dans une ambiance chaleureuse et souriante, la machine se met en route : présentations, énoncé complet des règles, signatures d’attestations et de contrats divers, tout s’enchaîne sans accroc, une check-list éprouvée. Il n’y aura pas de place pour l’improvisation lors de l’enregistrement à venir.

Pas de place pour les phots non plus, malheureusement...
Pas de place pour les photos non plus, malheureusement…

La chasse aux marques est particulièrement féroce : le moindre soupçon de logo est traqué, au point que les griffes RayBan sur mes branches de lunettes sont soigneusement recouvertes de ruban adhésif blanc. J’espère qu’on ne va pas croire que je porte des contrefaçons, après tout mes lunettes sont MON logo…

On nous rappelle le thème que nous avions à réviser : les groupes musicaux français. Toute la palette des âges est présente entre nous six, nos cultures musicales sont forcément différentes. Moi, c’est la période fin 70 – début 90 qui est mon point fort, je prie pour qu’il n’y ait pas trop de questions portant sur la scène musicale récente, même si j’ai révisé comme un fou pendant trois jours.

Et les révisions n'ont pas toujours été de la tarte, j'vous assure...
Et les révisions n’ont pas toujours été de la tarte, j’vous assure…

Les quatre thèmes de la finale nous sont présentés. La Championne en choisira un pour son challenger et un pour elle-même lors du défi final, à nous de dire quel thème nous préfèrerions, pour l’indiquer au téléspectateur lors de la diffusion. Entre candidats, l’unanimité est rapide : il y a un thème « facile » (que nous nous attendons tous à voir choisi pour elle par la Championne), 2 thèmes « bof », et un sujet « pourri », sans doute le cadeau au challenger.
Pendant qu’on nous sonorise, je reprends chaque sujet mentalement, cherchant à raviver les données en mémoire à long terme, mais la dompteuse de candidats en chef nous interpelle : c’est le moment d’entrer sur le plateau. Nous sommes rangés dans l’ordre défini, je rentrerai en deuxième.

Un brouhaha monte de derrière la porte qu’ouvre la chef de plateau : le public fini de s’installer, et le chauffeur de salle s’active. Un choc : que c’est grand !

A droite, les gradins des spectateurs, une centaine de personnes qui dominent les six pupitres de la première manche. Wow : y’en a un avec mon prénom, le pouls passe de 90 à 120…
En face, les quatre pupitres de la deuxième manche : il faut que j’y arrive, y’a pas !
A gauche, le Saint-Graal, l’Arche d’Alliance, le Crâne de Cristal, bref, l’objet de toutes les convoitises :

Mon préccccciiiieux !
Mon prééééééccccciiiieux !

J’en rêve, de ce fauteuil. Si proche, presqu’à portée de main, mais qu’il va falloir conquérir de haute lutte ! Le jeu est biaisé en faveur du Champion, la pente sera raide.

La répétition commence : notre cornac nous mène à l’arrière du studio, au pied de l’escalier qui débouche au milieu du public. La concurrente devant moi s’installe sur l’avant-dernière marche, moi deux marches en dessous et ainsi de suite : « Au top, tu montes les deux marches, tu t’arrêtes sur la croix au sol et tu fais ton salut à l’appel de ton prénom : tu as une-deux secondes, puis tu pars par la gauche, tu descends l’escalier et tu vas t’installer à ton pupitre. »

Ça n’a l’air de rien comme jeu d’instructions, mais avec la tension nerveuse en mode exponentiel j’ai l’impression qu’on me demande de piloter un Airbus ! C’est où la gauche ? C’est où le bas ? Comment on descend un escalier ? Et encore, c’est la répétition…

Aux pupitres, leçon de maintien : on ne se vautre pas, on ne déborde pas sur le voisin, on ne met pas le doigt dans son nez (instruction authentique !), on ne parle pas quand c’est pas son tour, on applaudit les bonnes réponses des adversaires, bref, on se comporte en personne décente et bien élevée. Ça me semblait évident, mais apparemment il faut verrouiller les points sur les I de certaines personnes. Un peu comme l’instruction qui nous avait été faite de venir « non maquillé(e)s et avec les cheveux propres » par respect pour le personnel…

La répétition se termine, on passe de nouveau derrière les coulisses, voici l’escalier… Nous entendons Nagui pénétrer sur le plateau, lancer quelques saluts au public, et soudain la musique du générique retentit ! Le pouls bondit à 160, ça y est, c’est la bonne !

C’est où la gauche ???

YESSS !!!

Joie.
Extase.
Félicité !
Orgasme !!

OH PUTAIN QUE C’EST BON !!!!

image11

J’ai la tête qui tourne, les tempes qui bourdonnent et les oreilles qui sifflent : un vrai catalogue de clichés ! J’ai vaguement conscience de formes mouvantes et bruyantes dans mon champ de vision, mais ça ne m’évoque pas grand chose. Je suis assis dans le grand fauteuil rouge, avec certainement un sourire d’imbécile heureux gravé dans la face, c’est tout ce que je sais…

Je voudrais pouvoir me gratifier d’un Hannibalesque « J’adore qu’un plan se déroule sans accroc », mais à la vérité j’ai eu BEAUCOUP de chance d’en arriver là, suffisamment en tout cas pour ne pas me tresser trop de lauriers…


Le premier obstacle à passer est la phase de qualification. Pour les non-initiés, Nagui pose à chaque candidat 2 questions sans thème particulier, pour un total de 0 à 10 points, les quatre plus gros scores étant qualifiés pour la phase suivante.
La hantise de tous les candidats : le fameux « zéro + zéro, la tête à Toto ! » repris en choeur par tout le public, la cerise aigre sur la gâteau de l’humiliation d’avoir fait tout ce parcours pour se faire foutre de sa gueule par une centaine de personnes…
Heureusement, tout se passe bien pour moi : après avoir parlé deux minutes de mes activités artistiques, je décroche deux questions « faciles » (le pseudonyme d’André Raimbourg et le nom de la droite qui divise un angle en deux). Boum, 10 points dans la musette, en route pour la Compét’ !

image6
Ça, c’est fait !

Arrivée de la Championne, Claire, 4 victoires, 4700 € dans sa cagnotte. Une chose est sure : elle n’a pas assez pour racheter sa place si d’aventure je la lui pique. J’ai toujours dit qu’il faudrait un nombre à 5 chiffres pour me dissuader de m’asseoir dans le fauteuil, elle en est loin…

Exeunt Agathe et Tom, direction les pupitres de la deuxième manche. Je suis chaud bouillant, j’ai rarement bûché autant un sujet, ça va chier !

Première question : Téléphone. « Cool, me dis-je, c’est toujours bon de commencer par un point facile… » Et PAF !!!

Ouais ouais, fastoche...
Ouais ouais, fastoche…

Bien joué, mec ! Et les deux questions suivantes ne sont guère plus reluisantes.

image7
Ça sent la perf’ olympique…

Fin des questions « Carré », je suis encore dans la roue de Pascale, avec Anne et Mickaël en embuscade. Pour l’instant, mes intenses révisions n’ont servi à rien, mais les questions « Cash » arrivent, peut-être que ça va payer…

"Eat my dust !"
« Eat my dust ! »

Et effectivement, ça paye :

image22
Spéciale dédicace à mes nièces !

Je tiens à préciser avec force que cet éclair vient bien de mes révisions forcenées et non d’un goût caché pour ces artistes. La preuve :

20161211_174001

Comme personne ne trouve la réponse à la seconde question « Cash », me voilà en tête au moment des questions nominatives. La meilleure place, mais la plus exposée, avec l’équivalent des coquilles bleues de Mario Kart dans les mains de la Championne.

image3
C’est maintenant que ça va se corser…

En effet, après les 8 questions communes que nous venons d’essuyer, chacun va répondre à une question choisie pour lui ou elle par la Championne. La réponse vaut + ou – 5 points, autant dire que rien n’est encore joué…
En général, parmi les 4 questions finales on en trouve 2 « faciles », une « un peu plus velue » et une « prends-ça dans ta gueule », que les Champions utilisent pour « choisir » leur challenger. Et souvent, c’est le type en tête qui prend. Je tends le dos…

… pour rien, en fait ! Mes 3 adversaires chutent sur leur question (j’avais 2 réponses sur 3, mais la question sur les BB Brunes m’aurait été fatale), je me retrouve challenger sans combattre, je ne saurai jamais quelle était la question qui m’était destinée.

"La danse de la victoire chez les grands primates prend parfois des formes surprenantes"
« La danse de la victoire chez les grands primates prend parfois des formes surprenantes »

Je me retrouve aussi l’heureux gagnant d’un séjour sportif qui me ravit au plus haut point ! Chouette !

Bon, la dernière marche est devant moi, c’est pas le moment de craquer.

image5
Le choc des Titans

Évidemment je souhaite le questionnaire sur les jeux de cartes, évidemment la Championne va se le garder, reste à voir ce qui va m’échoir. Les femmes cinéastes, c’est bien trop vaste pour moi, j’ai lu Robinson Crusoé gamin mais c’est bien loin, et le Liban c’est histoire et géographie, pas vraiment mes domaines de prédilection. On va bien voir, la décision n’est pas entre mes mains.

Ce sera le Liban. Soit.

Le questionnaire se passe moins pire que je ne le craignais. Je suis sûr de 13 points, peut-être 16 avec Clooney (je suis NUL en people). J’ai fait un gros coup de bluff sur la troisième question avec un cash totalement au pif mais assené avec force et conviction, peut-être que je peux un peu déstabiliser la Championne. Il va bien falloir ça, avec un questionnaire sur un sujet aussi « facile » que les jeux de cartes. Je suis très très modérément optimiste…

Et là, c’est le miracle ! Dès la deuxième question, la difficulté est bien plus grande qu’à l’accoutumée : combien de gens jouent au bridge ? Au Napoléon (jamais entendu parler !) ? Qui connait le nom de la dame de cœur ?

Le nom de la dynastie chinoise qui a inventé les cartes ?!

C’EST QUOI CE QUESTIONNAIRE DE MALADE ???

Je vois le visage de mon adversaire qui s’allonge à chaque question. Elle a l’air un peu sonnée, à mesure qu’elle et moi comprenons ce qui est en train de se passer. Comme elle doit m’en vouloir, de venir ainsi lui chiper ce trône qu’elle même a conquis, et qu’on m’arrachera tôt ou tard.
Elle me propose pour la forme 1500€, mais elle connaît ma réponse, elle a vu dans mes yeux la même flamme qui vient de la fuir.

« Nous avons un nouveau Champion ! »

You know what ? I'm happy !
You know what ? I’m happy !

La musique du générique retentit, Nagui s’éloigne, je salue Claire en m’excusant un peu, elle me salue en me félicitant. Mon rêve vient de fracasser le sien, mais elle fait bonne figure. J’espère avoir autant de panache qu’elle quand mon tour viendra.

Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ?

Welcome to the machine

Je viens de conquérir le fauteuil rouge. L’adrénaline et les endorphines me submergent, je prendrais bien 2 minutes pour souffler. Je vais vite me rendre compte que mes désirs passent après les impératifs du tournage…
De ce que j’en ai vu, TLMVPSP c’est entre 50 et 60 personnes sur le pont, il n’est pas question de prendre son temps. La règle est simple : c’est Nagui qui donne le rythme, tout le monde doit suivre, point. Et Nagui est un homme pressé.

Un gars de la prod’ fonce sur moi, me serre la main et se présente : c’est ma nouvelle ombre, mon alter-ego, il ne vas plus me quitter d’une semelle durant les enregistrements. Son boulot : coach, confident, nounou, guide, porteur d’eau. Un Minion, quoi.

J’ai un Minion !

Je l’appellerai Stuart !
Je t’appellerai Stuart !

Stuart, donc, m’entraîne rapidement vers les loges du champion, pour la première étape de mon nouveau marathon : le vestiaire.
Il s’agit de me transformer en moins de 10 minutes en le candidat du lendemain, si possible avec un minimum d’élégance. J’arrive ainsi dans l’antre de la styliste, que j’appellerai Edna, pour des raisons évidentes.

edna_face
Ça, c’est sa tête quand elle a vu mes fringues…

Au changement de Champion, elle doit improviser : elle a tout préparé pour ma prédécesseuse, et je pense que le joli chemisier qu’elle vient de repasser sera un peu court pour envelopper mon quintal. Elle fourrage dans les portants, tandis que je me désape à toute vitesse.
« C’est quoi ta taille de pantalon ? » « Euhhhh… XXL ? »  On sent le gars soucieux de sa garde-robe. Je garde mon falzar, mais c’est la dernière fois…
Au final, en un temps record, je me retrouve un autre homme, avec une chemise et une veste bien à ma taille : elle a l’œil, Edna. C’est au tour du roi du micro d’agir :

Bob, of course
Bob, of course

Responsable de ma sonorisation, il me harnache et me désarnache, règle le micro, colle des bouts de scotch ici et là pour garder les fils en place. Il ‘apprend aussi les bonnes pratiques pour éviter aux gars de la régie de s’arracher les cheveux pour capter ma douce voix…

Pendant cette sarabande, Stuart me fait le briefing de l’émission à venir. On commence par le thème de révision des candidats : les mères en littérature. Wow ! Comment tu révises un truc pareil ? Stuart me pose ensuite les 4 questions à ±5 points, pour voir, et nous entamons la revue de détail des candidats.

Pour chacun, j’apprends ainsi son âge et sa profession, et nous discutons déjà stratégie : qui semble dangereux et qui semble plus faible. J’ai toute une panoplie de mécanismes à ma disposition pour « choisir » mon challenger, et j’entends en user sans états d’âme pour garder ma place. Je peins ainsi des cibles virtuelles sur telle tête ou telle autre. Target locked !

Arrive ensuite mon quatrième et dernier ange gardien, Mirage.

La même, mais avec un casque-micro en plus
La même, mais avec un casque-micro en plus

Elle est ma tour de contrôle : en contact avec la régie, elle les informe de mes allers-et-venues, elle donne le tempo pour les déplacements d’un lieu à l’autre et s’assure que je suis bien où je dois être quand une caméra s’allume devant moi. « Vite, Nagui sort de sa loge, on fonce en salle d’attente ! »

La salle d’attente, c’est ça :

20161207_125616

Nous parcourons les 30 mètres au pas de charge, on me place d’urgence dans le canapé, un peu plus à droite, un peu plus à gauche, non l’autre gauche, souris, raccord maquillage d’urgence, regarde la caméra, non ne regarde pas le moniteur, le générique retentit au loin : ça va être à moi, et je suis à moitié en panique ! Je dois avoir l’air d’un lapin pris dans des phares…

La grosse caméra qui me fixe passe au rouge : « Bonjour Nagui, bonjour à tous ! », et je m’efforce de faire bonne figure, mais je sens bien que je ne suis pas complétement à mon avantage…

Fin de mon dialogue avec Nagui. Ouf, le rythme redescend d’un coup, c’est pas dommage ! Nous regardons la première manche sur le moniteur, histoire de jauger mes assaillants du jour. La table basse regorge de victuailles à ma destination, mais rien ne me tente, pour l’instant je m’efforce de faire redescendre mon pouls, c’est pas le moment de m’empiffrer.

Après la présentation du cinquième candidat, Mirage lance à son micro « On quitte la loge du Champion », et nous nous dirigeons vers le plateau. Mon pantalon commence à me jouer des tours : j’ai une ceinture trop grande, je ne suis pas du tout à l’aise finalement…
Passage au fond du plateau, je gravis l’arrière de l’escalier du Champion, dernière révision des questions et des CV des candidats. Je remonte encore une fois mon futal, j’avance au bord de la dernière marche, « Et voici le Champion ! », une poussée sur l’épaule, et c’est parti !

Je descends l’escalier en essayant à la fois :

  • de ne pas rater une marche
  • de regarder le public
  • de regarder Nagui
  • de compter les marches (foutu TOC !)
  • de garder mon pantalon en place sans les mains

Contre toute attente, j’arrive en bas en un seul morceau culotté, quand le piège final se déclenche, et je manque me vautrer dans les bras de Nagui !

"Et maintenant, les clowns !"
« Et maintenant, les clowns ! »

Explication : pour l’éclairage, le plancher du plateau autour du fauteuil est en plexiglas. En bas de l’escalier, si on ne jette qu’un coup d’oeil rapide (et stressé), on peut très bien croire qu’il y a une marche de plus, et c’est évidemment ce qui m’est arrivé. Quelle arrivée digne d’un Champion…

Pour ma première session de souverain, j’évite la partie la plus désagréable du jeu : le choix des gagnants et perdants en cas d’égalité.

image2
C’est gentil d’être venu…

Sur le thème de la Compét’, j’arrive à donner une ou deux bonnes réponses quand il s’agit de trancher entre les candidats, je fais le job. Et quand il s’agit de choisir ma challenger, je torpille Odette et François, laissant Jérôme et Marina se départager. Ce sera Marina ma première.

image3
Ça me rappelle quelqu’un…

Pour le choix du thème, pas question de donner Nolwenn, si je tombe sur une fan je suis cuit. Ce sera donc les Bohringer, et les sports de ballon pour moi, même si j’ai bien hésité avec les pionniers de la TV, j’ai lu pas mal de choses là dessus.

Au final, Marina fait un beau parcours, mais je gagne sans trembler. C’est reparti pour un tour…

Pourvu que ça dure...
Pourvu que ça dure…

3ème round

Fin du tournage. Stuart me félicite, me tend ma bouteille d’eau, et nous fonçons vers les loges.

Je sais maintenant ce qui m’attend, je commence donc à me déshabiller sur le chemin du vestiaire, pas question d’être de nouveau à la bourre ! Edna a préparé mon trousseau, chaussures comprises : tout est à ma taille, mes déboires vestimentaires sont terminés. Je me surprends dans une glace : j’ai du mal à me reconnaître dans cette veste ajustée et ce pantalon un peu serré. Contre toute attente, je peux porter des fringues un peu « classe » malgré ma tête de clown…

J’arrive à l’aise dans la salle d’attente, et ça change tout. Quand Nagui m’interpelle, j’arrive plus ou moins à entrer dans son jeu et ses vannes, même s’il faut encore que je m’astreigne à ne pas repartir après un blanc, car Nagui est déjà reparti, et on parle en même temps, c’est nul.

Étonnamment, je ne me vautre pas en bas de l’escalier, les traditions se perdent.

image2

Je n’ai pas de choix à faire cette fois encore, mais je commence à me méfier de Catherine et de Tristan.
En toute logique, je me méfie des « ainés » (les gens de mon âge et plus) car je n’ai pas d’avantage sur eux a priori, ils ont connu la même époque que moi, et plus encore. Mais Tristan, avec ses ambitions journalistiques et sa confiance en lui, m’a impressionné malgré sa jeunesse. J’ai connu quelques étudiants en journalisme, c’étaient tous des grosses têtes, toi mon gars je t’ai en ligne de mire.

La Compét’ démarre, sur le thème « Qui a dit quoi« . Encore un thème à mon avis compliqué à réviser, à part se taper des anthologies de citations je ne vois pas.

Mais, moi, je m’en suis tapé, des anthologies, j’adore les citations, je devrais pas mal m’en sortir.

20161213_164725
Le livre qu’on trouve dans mes toilettes

Tout le monde répond juste aux deux premières questions, mais à la troisième mon arbitrage de Champion est demandé. Ça tombe bien, je connais la réponse, et je n’hésite pas… mais Nagui me demande la bonne réponse ??? Je joue le jeu et change de réponse, mais je suis très surpris… Et effectivement, Nagui s’est trompé ! Il me semblait bien, hein ? Du coup, il embraye sur un petit sketch, le public est content, et moi aussi.

Je commence à vraiment prendre du plaisir dans le fauteuil. Je prends conscience de mon environnement, de tous ces gens qui me regardent, de tous ces gens qui guettent mes réponses. Je sens le contentement quand elles sont justes, comme si j’étais un artiste qui a fait le boulot. Je sens la déception quand je me trompe, comme un sportif qui rate une barre. C’est une nouvelle forme de pression, mais je l’adore.

Je suis quelqu’un de TRÈS cultivé, et j’ai appris très tôt, sinon à cacher ma culture, du moins à ne pas l’étaler à tous vents. C’est une frustration de tous les jours de savoir et de taire pour ne pas agacer. Et ici, non seulement je peux montrer mon cerveau à tous les voisins, mais en plus on m’applaudit ! Cent personnes qui vous applaudissent, même avec l’aide d’un chauffeur de salle, c’est assez kiffant. C’est une drogue dure.

La question sur Omar et Fred permet encore un moment rigolo.

On me l'a déjà dit, mais je ne pensais pas que la télé était au courant...
On me l’a déjà dit, mais je ne pensais pas que la télé était au courant…

Et sur la question portant sur « 100 000 dollars au soleil » je n’ai aucune hésitation, c’est un de mes films préférés, je connais pratiquement les dialogues par cœur, comme pour beaucoup de films dialogués par Audiard. Je savonne au final sur Guitry, mais dans l’ensemble je suis content, j’avais toutes les réponses sauf celle sur la chienlit. J’ai fait bonne figure.

image6
Je savais bien qu’il fallait se méfier d’eux…

La première question nominative est pour Stéphane. Je suis Lorrain, il est Lorrain, il y a une question portant sur la Croix de Lorraine, elle est forcément pour lui. En plus, elle n’est pas très compliquée, il devrait s’en sortir. Et, de fait :

image7
« LE 5-4 en force ! »

C’est sur, si j’arrive à torpiller Catherine et Tristan, ce sera mon challenger. Sébastien répond juste mais (il ne le sait pas encore) ça n’a pas d’importance. Catherine chute sur les Ch’tis, et Tristan se tire une magnifique balle dans le pied :

"HITLER !"
« HITLER ! »

Moment de flottement sur le plateau, Tristan doit encore s’en vouloir, c’était à sa portée. Tant pis pour lui…

Nagui a bien compris où va ma préférence, et effectivement je choisis Stéphane, au moins quoi qu’il arrive le trône restera en Lorraine. Je ne regarde pas Sébastien, je n’en ai pas le courage…

image9

Bon, les thèmes. Les maladroits, c’est trop vaste, les femmes flics, j’aurai vite fait de confondre Machine avec Unetelle, l’Islande c’est un bon thème de challenger, je prendrai donc les essences de bois, c’est un thème un peu technique, j’ai surement lu quelque chose là-dessus…

A la fin du parcours de Stéphane j’annonce 17-18 points, mais je penche plutôt pour 8 ou 11. Je sais qu’il s’est trompé sur « Pêcheur d’Islande », et « Takk » sonne suspicieusement comme « Danke » ou « Thank », je suis à peu près sûr qu’il a eu tort de dire « Oui » (ou plutôt « Ui », en bon Lorrain 🙂 ).

Je déroule mon questionnaire tranquillement. La Reine de France en 1783, c’est Marie-Antoinette, et je me rappelle que les terrasses de la BnF avaient été l’objet d’un scandale car extrêmement glissantes et dangereuses (bien qu’hors de prix) en cas de pluie.

Le meilleur moment, c’est la quatrième question ! Je sors un « Cash » sans trembler, j’ai lu plusieurs fois le livre de Thor Heyerdahl dans ma jeunesse, je me régale des exclamations d’étonnement du public.

"C'est qui le Boss ?"
« C’est qui le Boss ? »

Un carré sur la baguette de sureau pour atteindre 23 points, et ça fait 500 € de plus dans la musette…

Bon, on y retourne ?