Back to school…

A l’occasion d’une de mes participations à Rosières-aux-Artistes, j’ai rencontré Morgane, professeure des écoles. Elle me demanda si je serais d’accord pour présenter mon travail à ses élèves, dans le cadre d’une animation artistique. “Pourquoi pas ?”, fis-je, toute nouvelle expérience étant a priori enrichissante.

C’est ainsi que les 4 et 5 février 2019, j’ai eu la joie et la grande fierté de faire mon intéressant à l’école primaire d’Ogéviller, commune sise à 10 km à l’est de Lunéville. Dans la classe de CE1-CE2 de Baptiste et Morgane, avec 27 schtroumpfs pleins de vie (et c’est rien de le dire…), j’ai partagé mon univers picto-mathématique et initié à mes techniques de composition.

Le calme avant la tempête

J’ai commencé par faire le show avec mes toiles. en récapitulant ma courte carrière d’artiste amateur.

En général, les enfants apprécient mon travail. Les formes simples, les couleurs vives et l’absence manifeste de tout message me valent souvent des exclamations lors des visites des scolaires aux expos auxquelles je participe ; c’est très agréable à l’ego. Et ce lundi-là, j’ai eu ma dose !

Après ce tour d’horizon, nous avons commencé les travaux pratiques, inspirés d’une de mes premières réalisations :

Un triangle jaune – Acrylique sur bois – 60x30cm – 2007

Dans le cadre de l’apprentissage des outils de traçage, mes apprentis ont eu tout d’abord à construire une grille de 8×10 carrés de 3cm de côté. Une fois cette étape réalisée (avec plus ou moins de bonheur), les dés sont entrés en jeu : pour chaque case, c’est le hasard qui décidait quel triangle tracer et remplir. Les enfants ont eu l’air d’apprécier, un bon présage pour la suite des opérations le lendemain.

Echantillon représentatif

(Petit aparté : vu mon état de fatigue avancée après 6h seulement à 4 adultes face à 27 enfants, je me permettrai dorénavant de faire une remarque ou deux à qui prétendra que les instits sont des fainéants…)

Le lendemain donc, c’est à partir d’un de mes best-sellers que la classe a travaillé :

Diptyque Miami – Acrylique et encre de Chine sur toile – 2x80x20cm – 2017

Cette fois, l’aléatoire a joué sur la géométrie (avec un algorithme pour tracer les segments inégaux à partir d’un découpage régulier)


et sur la couleur de chacune des bandes, à choisir dans un nuancier de trois gris plus le blanc.

Une fois les “cercles” en Canson posés, je trouve le résultat plutôt convaincant.

 

Une bonne journée de travail !

Mine de rien, c’est gratifiant de me trouver cerné de toiles que je ne peux que reconnaître comme un peu à moi. Elles me parlent vraiment, et certaines me donnent des idées sur de nouvelles textures plus « organiques », moins léchées.

A l’issue de ces deux jours, je suis vidé, rincé, mais heureux. J’ai adoré travailler ainsi avec ces enfants pleins de vie et d’enthousiasme, et j’attends avec impatience la deuxième partie du projet, au mois de juin, pour attaquer le travail du compas.

Un grand merci à Baptiste et Morgane, qui ont permis cette belle rencontre. Ils m’ont accueilli chaleureusement et m’ont fait confiance pour ne pas décevoir mes 27 apprentis. Et évidemment merci à Benjamin, Elysa, Emma, Ethan, Félix, Gabin, Jeanne, Justine, Kyllian, Léo, Léopold, Louane, Louna, Margot, Marie, Mathilda, Noé, Oanell, Océane, Paul, Paul, Pauline, Sacha, Stan, Tom, Valentine et Zoan pour leur enthousiasme et leur bienveillance. A bientôt pour la suite.


Addendum : suite à mon passage, j’ai eu droit à un bel article dans l’Est Républicain

Bijoux, cailloux…

Avant d’oser peindre sur toile (et ainsi commencer à me prendre pour un artiste), j’ai fait quelques essais sur un support pas cher : les galets.

J’ai commencé par des gros biscornus…

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… puis des plus petits réguliers.

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J’ai continué à réduire le format, et de fil en aiguille j’en suis arrivé à des pierres assez petites pour être montées en bijoux.

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Bagues, broches et pendentifs – Acrylique sur galets

Evidemment, ça ne va pas forcément chercher très loin, mais j’ai trouvé une bonne partie de mon style dans ces petits cailloux : à-plats sans nuances, formes géométriques simples, aucune prétention figurative. En plus, j’ai appris à manier un pinceau :

Avant - après
Avant – après

Et mine de rien, à ma grande surprise, j’en ai vendu un certain nombre, ce qui m’a permis de m’acheter plein de matos, alors je leur suis très reconnaissant.

02 19 18 17 16 15 14 13 12 11 10 09 08 07 06 05 04 03

Marque ta page

Mes réalisations sont le fruit d’algorithmes, de modèles de mon cru qui permettent de produire une quasi-infinité d’exemplaires tous différents d’une même œuvre. Il suffit de vérifier ici, ici, ici ou encore qu’avec une même recette je peux peindre des toiles uniques et facilement identifiables.

Malgré le désamour croissant chez mes contemporains pour l’objet « livre », j’ai ainsi réalisé toute une gamme de marque-pages originaux.

Carton fort vernis - 38x190mm
Carton fort vernis – 38 x 190mm

Même si ça ne saute pas aux yeux sur la photo ci-dessus, chaque marque-pages est unique.

Puisque je vous le dis.
Puisque je vous le dis.

Je suis assez fier de mes petits algos, amusez vous à jouer avec eux :

Tête de l’Art

Le 16 octobre 2013, j’ai eu la grande joie d’être l’invité de Sophie Sap dans son émission « Tête de l’Art » sur Vosges Télévision.

Cette aventure a commencé par un appel à candidature de Sophie Sap sur Facebook, qui désirait tourner une série d’émissions consacrée à des artistes nancéiens à l’occasion des 40 ans des Nancy Jazz Pulsations.

Espace presse des NJP
Plutôt cosy, le lieu de tournage

Après avoir été sélectionné, j’ai eu droit à une première interview téléphonique d’une heure afin de définir le déroulement du tournage. Même au téléphone, c’est intense !

Le tournage a eu lieu à l’espace presse des NJP, où m’attendait une équipe de 7 personnes (!). Rien à voir avec une interview avec une webcam et un kit mains libres…

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Maquillage, briefing, test de lumière et de son, tout ce qu’on peut attendre d’une interview faite par des professionnels.

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Une heure plus tard, tout était dans la boite, direction montage avant diffusion. Et voila le travail, diffusé pour la première fois le 29 octobre 2013 :

Bon, c’est clair que je ne suis pas forcément hyper à l’aise, malgré les efforts de toute la production. Mais ça passe plutôt pas mal pour une première fois, et je ne vous raconte pas comment ma maman était fière ! Un grand merci donc à toute l’équipe de Vosges TV, et à une prochaine fois j’espère !

Voyage en 3D II – le retour

L’avantage de s’appeler Stanislas à Nancy, c’est qu’on se souvient bien de votre prénom. Ça a aussi provoqué quelques confusions chez mes enfants, qui étaient bien épatés que leur papa ait une jolie place à son nom. Pour les non-locaux, la place Stan, c’est :

Place Stan

J’ai conçu un algo 3D qui me permet de créer avec le logiciel POV-Ray des simulations de transcription dans l’espace d’un de mes motifs favoris. A la recherche d’un décor pour mettre en scène ces objets imaginaires, pourquoi ne pas m’offrir carrément ma place ? Sitôt dit sitôt fait, j’ai modélisé en 3D la place :

Place Stan V2

On s’y croirait, non ? A un détail près, quand même…

Approchons nous :

Place Stan V2

Que le bon Roi Stanislas me pardonne, mais j’ai pris la liberté de l’envoyer en balade pour lui emprunter son piédestal le temps d’un gros délire. Place aux jeunes, en quelque sorte.

Ça a quand même une sacrée gueule, non ?

PS7Vu d’un autre angle, on voit mieux la face transparente.

Place Stan V2

A chaque nouvelle image, j’améliore de-ci de-là les différents paramètres. Ici, on peut voir des progrès dans la lumière et la géométrie. C’est assez bluffant.

Place Stan nouvelle itération

Un dernier gros plan avant d’aller au dodo…

PS10

A plus !

Voyage en 3D

POV-Ray est un renderer de raytracing en freeware.

Mouais, et en français, ça donne quoi ?

POV-Ray est un logiciel gratuit de rendu d’images de synthèse utilisant la technique du lancer de rayons. A l’aide de ce logiciel, on peut construire une scène en définissant sa géométrie, puis en y intégrant textures, matériaux, sources lumineuses et tout un tas d’autres sophistications, on obtient après des temps de calcul parfois importants (l’image ci-dessous en pleine résolution a demandé 4 jours et demi de calcul) ce genre de résultat plus ou moins photo-réaliste :

Pebbles par Jonathan Hunt (2008) - http://xlcus.com/
Pebbles par Jonathan Hunt (2008) – http://xlcus.com/

J’ai commencé à m’intéresser au ray-tracing et à programmer un petit moteur de rendu durant mes études, quand les ordis les plus puissants avaient moins de puissance de calcul qu’un smartphone. J’ai ensuite eu la chance de passer 2 ans chez Thomson Digital Image, éditeur d’un logiciel qui a été utilisé notamment pour les effets spéciaux de Terminator II. Bref, le ray-tracing, je connais.

Après avoir recréé certaines de mes toiles sous forme numérique en 2D (XL1, Spot jaune), il était logique que je m’attaque à la 3D, d’autant que le caractère géométrique de mon style le rend particulièrement simple à modéliser. Le challenge réside cependant dans l’obligation que je me suis fixé (fixée ?) de générer la géométrie par algorithme, afin de pouvoir créer une infinité d’œuvres avec un seul programme.

Suivez-moi dans ma balade au pays de la profondeur…

Explosions

Quitte à me farcir la découverte du langage de programmation de POV-Ray, autant m’attaquer tout de suite à un des algos les plus complexes de mon répertoire. Après 5-6 heures sur mon clavier, voici quelques échantillons de mes travaux :

Metallik

Cette première image plutôt bling-bling pour montrer la puissance du ray-tracing, seule technique de synthèse d’images capable de calculer tous ces reflets.

Le ray-tracing est aussi la seule technique capable de calculer avec précision le trajet de la lumière dans les objets transparents :

Verre

On voit bien ici que la géométrie a changé : pour cela, il m’a suffit de modifier un nombre dans mon programme.

Chargeons encore l’image, en ajoutant un ciel de nuages fractals :

Nuages

Cette image a demandé 10 minutes de calcul dans sa résolution initiale de 1280×1024 pixels.

Mon objectif étant de prévisualiser d’éventuelles sculptures « en dur », j’ai ensuite essayé de me concentrer vers l’environnement de la scène, avec un ciel et un sol.

Rendu1

Avec l’ombre sur le « sol » et des textures un peu plus réalistes, ça devient presque palpable.

Pour finir cette première étape, une dernière image tout en transparence, avec un léger changement dans l’algo de géométrie. Saurez-vous le trouver ?Rendu3

Fin de cette première étape, je ne manquerai pas de vous conter la suite de mon périple au pays de la beauté purement informatique.